01.12.2007

De la modernité de l'UMP...

En lisant les pages nationales du journal Le Parisien du vendredi 16 novembre, j'y découvre publié un tract anti-grève de l'UMP. Je constate avec stupéfaction mais sans surprise la modernité, l'ouverture d'esprit et l'innovation (sic.) dont fait preuve ce papier intitulé "Pourquoi l'Ile-de-France est-elle bloquée?"

En quelques lignes, ce tract pose des questions d'une grande nouveauté... je vous laisse le soin de découvrir le contenu précis et fondamentalement archaïque, démagogique, réactionnaire et sans surprise de ce document.

Pour ma part, je vous soumets quelques éléments de réflexion sur ce débat de la réforme des régimes spéciaux.

Les organisation syndicales ne sont pas a priori contre une réforme des régimes spéciaux. Ils sont aujourd'hui d'accord pour discuter de leur évolution à condition:
- que le cadre général de la négociation soit précis et clarifié;
- que la véritable question de fond soit abordée, celle de la pénibilité réelle des métiers.

En outre, la question majeure pour les orgainisations syndicales ainsi que pour le Parti socialiste est celle de l'ensemble des régimes de retraites, question qui doit être mise sur la table et traitée avec responsabilité.

Tandis que le gouvernement cherche l'affrontement pour isoler les syndicats, ces derniers n'ont pas médiatiquement réussi (du moins pour l'instant) à imposer leur état d'esprit qui est de favoriser la négociation. Nicolas Sarkozy et le gouvernement ont parfaitement défini leur stratégie: faire passer les syndicats et les bénéficiaires de ces régimes spéciaux pour des privilégiés et des égoïstes violents qui bloquent le quotidien des français. Telle n'est pas la réalité.

En stigmatisant les bénéficiaires des régimes spéciaux, le gouvernement évite la vraie question, celle du financement du régime général de retraites dont le déficit annuel est de 13 milliards d'euros. Je me permets de rappeler que si la réforme des régimes spéciaux préparée par le gouvernement Fillon entrait en vigueur, elle permettrait d'économiser 600 millions d'euros... En d'autres termes, la réforme des régimes spéciaux ne règle en rien le problème central du financement du régime général de retraites.

Nicolas Sarkozy et le gouvernement nous parlent d'équité et de justice en précisant que tous les salariés doivent cotiser 40 années. Ce discours pourrait éventuellement être compris si, par ailleurs, les mêmes Sarkozy et Fillon n'avaient fait voter par le Parlement cet été le paquet-cadeau fiscal aux 2500 foyers fiscaux les plus privilégiés de France dont le coût s'élève à 15 milliards d'euros.

Je dénonce ici le double traitement, littéralement injuste, auquel procède le nouveau Président et son gouvernement. D'un côté on fait un chèque cadeau de 15 milliards d'euros aux Français les plus favorisés. De l'autre on stigmatise des travailleurs pour en faire les boucs émissaires des déficits de la protection sociale.

Contre une telle mystification, la gauche et le Parti socialiste doivent se mobiliser non pas pour "soutenir" simplement les grévistes mais pour énoncer, avec eux, les propositions alternatives afin de garantir la pérennité de notre système de protection sociale. Seule une réforme fondée sur la justice sociale et tenant compte de l'ensemble du régime général des rertraites a vocation à durer. C'est ce message que nous devons avec force faire passer.

Premières lignes

Bonjour à tous et bienvenus sur mon blog.
Je consacrerai cet espace aux discussions et débats qui animent notre vie politique, sociale et culturelle.
J'espère que nous serons nombreux à échanger sur ces pages.